La concertation dans l’élaboration de la stratégie de l’entreprise

Ce texte est

DE QUOI PARLE-T-ON ?

La loi du 31 juillet 2014 relative à l’ESS fait référence en son article 1er à « la participation, dont l’expression n’est pas seulement liée à leur apport en capital ou au
montant de leur contribution financière, des associé.e.s, des salarié.e.s et des parties prenantes aux réalisations de l’entreprise ».
L’article 43 de la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement spécifie quant à lui que « construire une nouvelle économie conciliant
protection de l’environnement, progrès social et croissance économique exige de nouvelles formes de gouvernance, favorisant la mobilisation de la société par
la médiation et la concertation ». La gouvernance participative (ou inclusive) renvoie à un processus de décision plus collectif, élargi à diverses parties prenantes internes et/ou externes. Elle vient renforcer la gouvernance démocratique et constitue un
trait identitaire fort des entreprises de l’ESS.

➜ Elle combine plusieurs idées clés :

  • Reconnaître la légitimité et l’intérêt du point de vue de
    parties prenantes autres que les dirigeant.e.s (expertises plurielles) ;
  • Ouvrir le processus de réflexion, d’élaboration, de décision et/ou de contrôle à ces autres parties prenantes, autour de la stratégie et/ou de questions clés pour l’entreprise ;
  • Tenir compte de ces contributions et rendre des comptes sur la façon dont elles sont intégrées ;
  • Mettre les parties prenantes concernées en capacité de participer efficacement (information, préparation voire formation).

QUELS ENJEUX ?

➜ Pour votre entreprise, une concertation bien menée
favorise :

  • Un meilleur contact avec les réalités du terrain, les nouveaux besoins ;
  • La capacité d’innovation (stimulation de l’intelligence collective, vision plus large) ;
  • La création de valeur partagée (sociale, sociétale,économique) ;
  • Des relations en bonne intelligence avec votre écosystème ;
  • L’implication, la responsabilisation de chacun, une meilleure appropriation des décisions ;
  • Une durabilité accrue des projets, car compris/portés plus largement ;
  • Un meilleur climat social (marque de respect, fact.eur.rice de confiance) ;
  • Une anticipation des blocages et, donc, des fonctionnements plus efficaces ;
  • Une cohérence durable avec le projet social originel.

➜ Pour la société au sens large, la culture de concertation des entreprises de l’ESS constitue un exemple inspirant, susceptible d’influencer les façons de faire dans l’économie classique. L’association des parties prenantes externes, dont les citoyen.ne.s, aux débats des entreprises de l’ESS est par ailleurs de nature
à revivifier la démocratie et le lien social dans les territoires.

QUELQUES EXEMPLES DE PRATIQUES :

Associer les salariés aux instances dirigeantes

Ainsi une fédération d’entreprises de l’éducation populaire œuvrant pour l’insertion des jeunes a instauré le principe d’une co-représentation en binôme salarié-e/administrateur/trice pour chaque entreprise représentée en CA et au bureau.

Animer un réseau d’alliés autour de son entreprise

Une grande fondation opératrice opérant dans la réinsertion sociale s’est ainsi entourée d’un réseau d’«ambassadeurs » composé de dirigeants d’entreprises. Ces derniers mettent leur expertise et réseaux au service des bénéficiaires de la fondation. Ils jouent également un rôle de relais de collecte et de communication.

Mutualiser des réflexions/actions avec ses pairs

Ces pairs peuvent être des homologues avec lesquels on échange des bonnes pratiques : ainsi, les directeurs d’audit et de contrôle d’une grande fondation et d’une grande association ont ainsi créé un club avec leurs homologues pour partager les réflexions et bonnes pratiques en matière d’audit, de contrôle, de gestion des risques et de qualité.

Ces pairs peuvent aussi apporter un point de vue complémentaire qui permet de décloisonner la réflexion : ainsi une fondation scientifique spécialisée dans un champ précis s’est ainsi rapprochée d’une autre fondation scientifique spécialisée dans tout autre champ pour une journée d’échanges. Cela a permis de rapprocher des chercheurs n’ayant a priori pas d’occasion de travailler ensemble et d’impulser ensuite des initiatives conjointes à divers laboratoires.

Ce texte est extrait du livret 2 du guide des bonnes pratiques de l’ESS.